« 2008-06 | Page d'accueil | 2008-08 »

31.07.2008

la famille

Je ne sais plus quoi faire avec mes parents. Dois je leur dire ou pas que je suis homo?

Si je le disais je mettrais fin à douze ans de mensonge et de double vie bien ficelée. Ce qui m'arrangerait. Mais j'ai peur. Peur de leur réaction. La pression qui s'abat sur moi de la part de ma mère en particulier est inimaginable.

Ma mère m'a fait un aveu ce matin. Il y a quatres ans de ça, alors que je passais mon bac un bruit courait dans ma famille comme quoi j'étais pédé. Je sais parfaitement qui a fait courir ce bruit. Les deux seuls personnes en qui j'avais confiance à l'époque et à qui j'avais confié mes goûts particuliers. Ma grande-tante et ma plus jeune tante, qui avait à l'époque une vingtaine d'année. Je leur faisais confiance parce que je les aimais, et malgré mois je les aime toujours. Un jour ce bruit est donc arrivé à une autre soeur de ma mère. Elle, choquée c'est empressée de venir le redire à ma mère. Alors ma mère m'a dit tout à l'heure qu'elle avait été choquée à l'époque et qu'elle avait dit à ma grande-tante quelque chose du genre "tu verras quand Cyril ramènera une fille...". Alors a-t-elle peur que se soit vraiment ça? Ou bien veut elle se convaincre elle-même que je ne suis pas cette monstruosité (c'est ce qu'elle pense des homos en général)? Je ne sais pas mais en attendant le résultat est là. Et elle entretient savamment la flamme du mariage.

Donc aujourd'hui c'est où bien je dis tout à mes parents et ma mère sera ridicule auprès de sa famille ou bien je ne dis rien et je n'ai plus qu'à me marier pour faire plaisir à maman.... voilà les deux chemins que j'ai l'impression d'avoir devant moi...

Et en plus j'apprends par certains que ça se voit que je suis homo... c'est bête mais ça reste quelque chose inconsciemment que l'on veut cacher à tout prix ... même si on joue la carte du "je suis sur de moi". Comme une honte inscrite au patrimoine de l'humanité, une tare... voilà l'impression que j'ai. Mais peut être que cette impression est exacerbée par nombres d'éléments qui me sont propres.

Au passage l'histoire de ces deux tantes me confirment ce que je pense depuis quelques temps. Je ne peux pas m'empêcher d'aimer les gens, même les pire, ou au moins avoir une forte sympathie pour eux. Mais en même temps ma confiance envers les gens s'atténuent beaucoup, pour ne pas dire s'eteint totalement à certaines catégories humaines (je parle là pour les chrétiens et les homos..).

Liège

Savez vous quelle est la spécialité de Liège ? Les embouteillages parce que le bouchon de Liège !

 J'aime bien :) !

De retour de St Jacques

  tympan de l'abbatiale St Pierre de Moissac.JPG    tympan de l'abbatiale St Pierre de Moissac
hall aux grains d'Auvillar.JPG  halle aux grains d'Auvillar
église St Pierre d'Auvillar.JPG abbatiale St Pierre d'Auvillar
sur la route.JPG
vue sur flammarens.JPG   vue sur Flammarens
 vers miradoux.JPG
château de Flammarens.JPG   château de Flammarens
porte de l'église de Saint Antoine.JPG  église St Antoine à St Antoine
vallons du gers.JPG
cathédrale de Lectoure.JPG  cathédrale de Lectoure

Un copain m'avait proposé de partir marcher sur le Chemin de St-Jacques le temps d'un week-end prolongé. Nous avons donc fait Moissac-Lectoure, soit environ 55 km de samedi à lundi matin. Voilà qui est tranquille finalement malgré dix kilos sur le dos quant on a fait le pélerinage Paris-Chartres, soit 110 km en trois jours ! Raconter ce que l'on fait sur le chemin n'a aucun intérêt puisqu'on ne fait que marcher. Raconter l'état d'esprit qui règne sur ce lieu unique au monde serait bien plus passionnant. Mais c'est en fait infaisable. Du moins pour moi. On ne peut pas comprendre le chemin de St-Jacques si on ne l'a pas fait. En fait marcher sur cette route est une histoire d'amour qui se fait avec le marcheur. Mais le marcheur avec qui ? Avec le chemin, avec l'esprit du chemin, avec les régions traversées, avec les gens rencontrés. C'est un tout. Il y a le chemin qui est un tout et le marcheur qui est un autre. Certes là le parcours est petit, mais faire le chemin en entier ou de manière un peu plus courte (une semaine, deux voir trois), c'est en fait ouvrir une parenthèse dans sa vie et faire de cette parenthèse une vie nouvelle. Les premiers jours pourraient valoir un enfantement dans la douleur. Puis les premiers pas hésitants. On ne sait pas trop comment réagir avec les gens, on ne sait pas si va arriver jusqu'au bout de la journée. Viens ensuite l'âge mûr qui occupe une bonne partie de nos vies: à la fois moins hésitant, et avec de petits moments de joie mais qui suffisent largement pour éclairer et soutenir le reste d'une vie plus dure. Ici en l'occurance incarné par la marche sous la chaleur et le reste. Enfin vient la fin du voyage, peut être un peu comme la vieillesse. Il nous tarde d'arriver, de terminer le chemin entrepris, tout en ayant un pincement au coeur de laisser les autres continuer leur route sans nous et en se rappelant ce que nous avons pu vivre ! Que raconter de plus sur ce chemin ? La beauté des paysages, la beauté des villages traversés, la beauté intérieure des gens, le bon esprit qui y règne et qui est je crois vraiment unique au monde. Même avec des efforts je n'arrive pas à décrire cette atmosphère particulière.

Il y a différentes raisons pour faire ce chemin, qui est tout même unique au monde. Il y a les randonneurs invétérés, ceux qui le font pour se retrouver eux-même (j'avoue que j'utilise moi même cette expression mais sans jamais vraiment perçevoir sa signification) et ceux qu'ils le font dans un but religieux. Personnellement je l'ai fait par pure promenade. Malgré ce choix délibéré une autre dimension s'invite au voyage. Celle du spirituel si ce n'est pas Dieu. Moi qui ne prie pas beaucoup j'aime bien me retrouver assis dans une église ou à genoux appuyé sur les barrières de communion lorsqu'elles existent encore. Et chaque église sur le chemin fut l'occasion de ce genre de pauses. Je sais c'est surprenant ce que je dis, sûrement absurde mais en faisant ça je ne prie pas. Je viens pour discuter. Disucter et prier ne sont pas la même chose. Je viens parler à Dieu quand je m'ennui ou quand j'en ressens le besoins. Prier pour moi c'est demander quelque chose or là je ne demande rien. Je viens juste papoter comme si j'allais prendre le thé j'ai mes amis Jean-François et Françoise. J'engueule Dieu, je lui dit qu'il déconne un peu, qu'il pourrait faire des efforts ici-bas plutôt que de se branler au Paradis (comme nos évêques dans leurs évêchés: ce n'est pas de moi mais de prêtres de mon diocèse) ou parfois je viens le féliciter. On va me prendre pour un fou mais c'est pas grave.

Je suis entré dans une église dont le décor intérieur était peint. Ce n'était pas extraordinaire mais du beau XIXe quand même. Sur le maître-autel était déposé un horrible pot de fleurs en plastiques et la nappe en dentelle était recouverte par un horrible papier glaçé et transparent. Certainement pour protéger le tout. Mais on était là au royaume du mauvais goût ! Et vu que moi j'ai bon goût (ce n'est pas de moi, je ne fais que redire ce qu'on me dit, MDR), je me suis alors permis de dire à Jésus quelque chose de cet ordre là: "Mais comment faites vous pour vivre dans une église si mal décorée! C'est vraiment de très mauvais goût !". Et là j'ai eu l'impression que Dieu s'est mis à rire et qu'il m'a dit "Mais tu sais le décor n'est pas ce qui compte. Le plus important c'est que les gens viennent me voir". Alors là je lui ai répondu quelque chose du genre: "Bon si ça ne vous dérange pas, après tout c'est chez vous ! Et puis vous avez raison ce qui compte c'est que les gens viennent jusqu'à vous. Mais enfin quand même faudra mieux inspirer ceux qui s'occupent de cette église ! Si vous voulez je leur donnerais des cours pour choisir ce qui est beau". Puis je me suis mis à éclater de rire dans l'Eglise. Je crois que je n'étais pas le seul. Disons que là-Haut on devait être de la partie. Alors simple vue de l'esprit ? suis je fou ? je n'en sais rien. Mais le résultat est là, je suis sorti avec une sourire jusqu'aux oreilles. Mais bon tout cela n'est pas très sérieux. Est ce que j'ai quand même pu réfléchir sur ma foi ? Non pas vraiment. Enfin je ne le crois pas. Mais il faut savoir que ce genre de lieux (le chemin de St-Jacques, Lourdes, etc...) sont des bombes à retardement. On se rend compte de beaucoup de choses quelques temps après.

Nous avons marché pendant un jour et demi avec une jeune femme officier dans la marine. Fort sympathique, cette femme extrêmement mûre m'a permis après une longue discussion de mettre des mots sur des choses que je pensais mais que je n'avais pas explicité par des mots. Notamment sur le fait que ma façon de conçevoir les rapports sociaux est très archaïque. Disons que je ne conçois pas qu'un mariage ait lieu entre des gens qui n'ont pas la même éducation, et le même niveau de fortune. De même je croyais que l'armée était le dernier bastion des valeurs du don de soi en France. Je suis tombé de haut en apprenant de la bouche de cette officier que l'armée française n'était plus qu'une armée de mercenaire avec des hommes prêts à aller se cacher au premier coup de feu (bon j'exagère un peu mais l'idée est là). Du moins ne sont ils pas prêts à mourir sabre au clair en chargeant pour une grande cause.

Voilà donc quelques nouvelles illusions tombées, mais aussi quelques pas de plus faits en avant. Je n'ai pas découvert grand chose mais j'ai pu dire des choses plus anciennes. Or dire les choses est très important. J'ai encore du tri à faire dans ce que j'ai pu dire, dans ce que j'ai pu penser et les pensées à venir issues de ces longues discussions. Faire le tri et essayer de s'approprier celles qui me seront utiles.

30.07.2008

Un texte des carmes

SommeildElie, champaigne, 1656.jpg
 
Sommeil d'Elie, Philippe de Champaigne, 1656

 

« C’en est assez maintenant, Seigneur ! Prends ma vie, car je ne suis pas meilleur que mes pères. »1R19, 4

Pauvre Élie, tu es bien misérable dans ton gémissement. Comme nous te rejoignons aisément dans ta faiblesse, ton dégoût de la vie, ta lassitude. Tu te sens indigne de ce Dieu Saint, le Dieu de l’Alliance, le Dieu de tes pères ; ce Dieu qui dans la tempête, la Gloire et la Nuée a parlé à Moïse et conduit son peuple à travers la  mer rouge, le désert jusque dans la terre promise. Face à Lui, face au Dieu Vivant, au Dieu des Armées, pas de demi-mesure, de compromission, ni d’hésitation.

Alors quand vient la crainte, la faiblesse de la chair, l’angoisse, tu trembles, tu fuis devant ce Dieu redoutable, comment tenir devant Lui dans cet état là, comment le servir dans cet état là, non cela n’est pas possible, alors tu fuis devant lui, tu n’es pas digne de Lui, tu ne mérites plus d`être appelé son serviteur, homme de Dieu. A tes yeux tu mérites la mort, tu la cherches, tu l’appelles sur toi, elle devient ton refuge, ton ultime espoir, ta dernière cachette. Et puis tu t’endors, tu sombres dans le sommeil, tu fuis ce réel insupportable. Sommeil qui est encore recherche d’une issue, espérance confuse, prière vers le tout Autre. 

Et c’est là au fond de cet abime que va naître quelque chose de nouveau… l’ange consolateur s’approche, « Mais voici qu’un ange le toucha et lui dit « Lève-toi et mange »Il regarda et voici qu’il y avait à son chevet une galette cuite sur les pierres chauffées et une gourde d’eau.

On imagine avec qu’elle tendresse, il rejoint cet homme accablé, espérant encore de cette pâlotte mèche un sursaut de vie. Quel mystère que cette tendresse de Dieu venant rejoindre l’homme dans son néant comme pour l’enfanter à nouveau. « Comme la rosée qui naît de l’aurore je t’ai engendré ».  Nous connaissons la suite, la longue marche d’Élie dans le désert, la montée sur la montagne et la rencontre ineffable avec ce Dieu qui se manifeste maintenant dans  « le souffle ténu d’une brise légère ». Et Dieu l’accueille en son sein et le renvoie vers la vie, ouvrant un nouvel avenir, lui offrant une nouvelle mission.

Élie passant par le feu de la faiblesse et du désespoir, s’est comme ouvert à une nouvelle manifestation de la Présence de Dieu. Il apprend que l’on peut servir Dieu, lui rester fidèle, être uni à Lui jusque dans la faiblesse.

 Nous rejoignons une autre figure fondamentale de la Révélation , celle du serviteur souffrant dans Isaïe 52-53.

Quelle profondeur dans la révélation des sentiments, d’un possible travail du cœur dans ces moments de ruine et de non sens ! « S’il offre sa vie en sacrifice expiatoire, il verra une postérité, il prolongera ses jours, et par lui la volonté du Seigneur s’accomplira. A la suite de l’épreuve endurée par son âme, il verra la lumière, il sera comblé.» Ce travail du cœur est un travail fécond, qui transforme tout désert en jardin de grâce et de beauté. Le serviteur si nous le regardons, si nous écoutons son cœur, si nous marchons à sa suite, nous apprendra une science savoureuse, unique et cachée, une sagesse de vie. Il nous apprendra à aimer dans la faiblesse, la fatigue, le rien ; à servir dans la faiblesse, la fatigue, le rien. Il nous apprendra à  nous offrir dans cette faiblesse, là dans la vulnérabilité, dans la vie qui s’étiole, l’horizon qui se rétrécit, l’avenir devenu impossible ; à offrir notre néant, à offrir notre cœur qui bat encore, ultime témoin d’une vie passée ; à offrir nos facultés en bataille, ce souffle court, ces gémissements de l’enfant apeuré ; à offrir l’obscurité qui enveloppe et se dresse devant Dieu, et vous attire comme vers l’enfer.

« Dieu était-là et je ne le savais pas » disait Jacob. Oui Dieu est là, dans ce murmure, ce souffle court qui cherche son chemin pour se donner encore jusqu’au bout. Alors nous rejoignons le Fils dans son offrande, son sacrifice, son Amour consumant.

Il n’y plus de solitude, plus d’impasse, plus d’échec absolue car l’amour nous jette hors de nous-mêmes et nous plonge en Dieu, nous unissant à Lui dans le souffle de l’Esprit. Telle est la victoire de l’Amour, la victoire de Dieu, la victoire de l’homme, le mystère pascal.

26.07.2008

La vanité au service de la Vérité

250px-Jean-Baptiste_Massillon.jpg
Jean-Baptiste Massilon (1663-1742)

"On aime le devoir et l'équité , lorsqu'il est utile ou glorieux de se déclarer pour eux; qu'on peut compter sur les suffrages publics, que notre fermeté va nous donner en spectacle au monde, et que nous devenons plus grands aux yeux des hommes par la défense héroïque de la vérité, que nous ne l'aurions été par la dissimulation et la souplesse. Nous cherchons la gloire et les applaudissements dans le devoir, et presque toujours c'est la vanité qui donne des défenseurs à la vérité."

Petit carême, sermon du Vendredi Saint. Pensées sur différents sujets de morale et de pieté, tirées des ouvrages de feu M. Massillon, Evêque de Clermont, ci-devant prêtre de l'Oratoire, l'un des Quarante de l'Académie française

24.07.2008

Honnêteté, loyauté, respect.

Cardinal_schonborn.jpg

- Parlons concrètement: l'honnêteté absolue est-elle compatible avec le principe de loyauté et de respect ?

Toutes les vertus ont un repère commun grâce auquel on mesure s'il s'agit bien de vertus: l'amour. La justice sans amour est impitoyable. L'intelligence sans amour risque de tourner en machination ou en diplomatie mal orientée. La bravoure sans amour, en opportunisme. C'est aussi valable pour les valeurs. Des valeurs sans amour, on peut en trouver à la banque: ce sont les valeurs mobilières. Le repère pour toutes les valeurs et pour toutes les vertus est universel, et consiste à déterminer si elles sont façonnées par l'amour. Je préfère parler de vertus que des valeurs parce que le terme "valeur" est un concept économique. C'est une analogie matérielle. Les vertus sont des dispositions à l'action, mais on ne pose pas tant la question de leur valeur, on évalue plutôt leur aptitude à préserver la vie. C'est pour cela que je parle plus volontier de vertus que de valeurs. C'est aussi valable pour les exemples que vous avez cités: l'honnêteté, la sincérité et... quels étaient leurs pendants ?

- Loyauté et respect.

Le respect. Là c'est l'amour qui crée l'équilibre. Une honnêteté, une sincérité qui balance à l'autre sa vérité dans la figure ou qui l'assome avec, c'est inadmissible. Seul l'amour peut réellement faire de la sincérité une vertu. Si je dis à un malade: "votre maladie est létale, il vous reste trois jours à vivre", si je le lui annonce avec ce genre de froideur médicale, je ne lui parle pas avec le coeur. Je dois prendre en considération sa situation pour voir ce qu'il est capable de comprendre. Je dois le soutenir pour pouvoir le lui dire. Cela vaut aussi pour la loyauté. Le respect ne doit pas prendre trop d'ampleur au point de tendre vers la lâcheté ou l'hypocrisie, la mauvaise foi. L'amour peut apporter beaucoup de force à l'autre parce que les choses se passent dans un climat d'amour. Et l'amour saura trouver la mesure de ce que l'autre supporte et pourra supporter.

Cardinal Christoph Schönborn, Qui a besoin de Dieu?, entretiens avec Barbara Stöckl, Editions Parole et Silence

22.07.2008

apprendre la liberté

" C'est à ce moment-là que son père décida d'une explication entre eux. Veuf depuis onze ans maintenant, il allait se remarier, mais voulait liquider toute responsabilité qu'il pouvait avoir de son fils. Il laissait à Vivien les biens qui venaient de sa mère, notamment l'appartement. Ce serait dorénavant au garçon de se prendre en main. L'expression fit intérieurement sursauter Vivien. Tout ce qui lui semblait naturel jusqu'ici devenait un fardeau; l'appartement, s'il en profitait seul, lui paraissait un vaste paradis; l'avoir à lui serait bien vite un cauchemar. Il n'avait aucun sens des réalités. Etre chez lui ne signifiait rien pour lui. Certes, il se voulait indépendant, mais sans aucune charge. Il n'avait pas le sentiment de la possession, même dans ses élans physiques où, une fois le délire passé, il lui fallait sa liberté. Il ne supportait même pas uen main légère sur sa poitrine, c'était comme si on l'empêchait de respirer."

"Maxime fut intraitable. Pour lui, les séjours dans les Caraïbes et à New York ne cachaient que des faiblesses, celles de l'âme, pires que celles, au demeurant naturelles, du corps. Le temps passait, et Vivien le perdait à des riens; même ses nuits de volupté répétaient les mêmes turpitudes, sans rien qui pût leur faire franchir le cercle de l'ennui."

" Tu vas apprendre beaucoup de choses quand tu sortiras de ton moi encombrant. Hélas pour toi, tu vas rester longtemps un garçon insupportable, tu feras toutes les sottises qu'il faut et celles qui ne faut pas, mais tu ne seras pas criminel, ni rien de ce genre. Ne pavoise pas tu le seras en idée. C'est presque pire: une façon de se libérer de ceux que l'on n'aime pas."

Julien Green, L'inconnu

20.07.2008

La maison

bibli1-2-a923d.jpg

Depuis plusieurs semaines je fais régulièrment un cauchemar qui me réveille. C'est étrange parce que au début c'était comme une vraie histoire qui se déroulait et continuer même lors des nuits différentes. Mais là les choses semblaient comme figer.

De ce que je me souviens tout à commencer lorsque j'étais chez des gens, apparement les parents d'une amie. En rangeant le jardin, j'observe de l'autre côté de la grille une très belle maison bourgeoise du XIXe siècle qui a des allures de château tellement cela semble grand. Le jardin n'est pas entretenu, il y a de grandes herbes, des arbres abîmés, la grille est rouillée mais il semble qu'il y ait des caméras aux quatres coins de la maison et devant la grille d'entrée. Je demande à mes amis qui habitent là. Ils ne savent pas qui est le propriétaire mais ils ont entendu dire que l'on cherchait un gardien pour les journées dans cette maison. Vu que cet été je ne fais pas grand chose je vais me présenter à cette maison. Je rencontre alors des domestiques qui s'affairent mais qui semblent étranges. Un gardien avec un chien mais qui a un regard perdu dans le vague et qui passe sa vie à faire le tour de la maison. Une bonne qui passe le balai. Les seuls personnes ? Celles dont je me rappelle oui mais je garde l'impression d'un monde qui grouille. L'impression d'une armée de domestique invisible qui s'active. Des ombres qui passent au fond des pièces. Je rencontre ce qui semble être le responsable. Il me dit en effet que l'on cherche bien quelqu'un ici pour garder la maison la journée. Mais pourquoi donc embaucher un gardien de jour alors qu'il y a tant de monde.

Il m'explique en quoi consistera mon travail. Rester dans une grande pièce qu'il me montre. Une espèce de salle-à-manger sans fenêtre (ça ressemble étrangement aux pièces qui sont dans huis clos de Sartre) avec une grande table et deux chaises. Le tout dans une décoration très feutrée, très bourgeoise. Il me montre les pièces où je dois aller faire un tour de temps en temps, une suite de salons, un bureau ou bibliothèque, la cuisine. En bref le Rez-de-chaussé. Mais interdiction de monter à l'étage et dans les pièces qui entourent la salle à manger. Pour aller dans les salons il faut reprendre le couloir. Et le soir venu, il me suffit de fermer les volets des salons, de la galerie et la grande porte d'entrée. Mais je dois laisser la petite porte d'entrée du couloir qui donne sur un des côtés de la maison ouvert. Le tout n'est éclairé que par une ribambelle de bougies. Je me demande comment, moi qui suis courageux, j'ai bien pu accepter de rester dans une ambiance si glauque. Ah oui j'oubliais c'est un rêve....

A partir de là les choses ne bougent presque plus. Elles sont un éternel recommancement. Je viens, je reste dans la salle-à-manger, je fais parfois un tour dans les salons, je ferme scrupuleusement les volets. Je sens une présence dans la maison. Je suis terrifié mais je continue mon travail consciensieusment. Au bout de quelques jours je ne vais plus travailler mais je reviens quand même le soir pour fermer les volets. Hier soir un détail c'est ajouté à mon observation. Il y a une cour intérieur qui est recouverte par une verrière. Il y a là aussi des volets que je ne dois pas oublier de fermer. Même la cour intérieur est cloisonnée. Il n'y a pas de porte pour y accéder, c'est comme une cour de prison. Mais pourquoi ce détail c'est il ajouté ? Parce que dans mon rêve je me suis senti mal à un moment, l'impression d'avoir failli dans mon travail, l'impression d'avoir oublier quelque chose. J'ai oublié de fermer les volets qui donnent sur la cour intérieur. Effrayé à l'idée d'avoir oublié ça, je demande à mon père de m'accompagner jusqu'à la porte d'entrée de la maison. Mon père tarde à venir. Et je me souviens qu'on m'a bien dit qu'il fallait que j'amène personne d'autre que moi même.

Et là je passe de l'atmosphère d'angoisse à l'angoisse même. Je me fais gronder par une voix parce que j'ai oublié ses volets. Un visage m'apparaît. Celui du propriètaire peut être, je n'en sais rien. Pour donner une idée la tête de ce monsieur ressemble à un Michel Simon dans La beauté du diable avec l'agressivité et la dureté de visage de l'homme en noir qui apprait à Jeanne d'Arc dans le film de Luc Besson. A partir de là je ne sai splus ce qui se passe car tout est confus, il y a du mouvement, de la violence mais je ne sais pas quoi. J'arrive à sortir de la maison et j'entends des rires affreux à l'intérieur de la bâtisse.

J'écris ceci en espèrant que ce mauvais rêve ne revienne pas et qu'il ne me fasse faire des crises d'angoisse à trois heures du matin.

17.07.2008

La plage

DSCF2645.JPG

Dans la vie j'ai trois manières qui me plaisent particulièrment pour occuper mon oisiveté. Le première est une bonne balade en campagne et m'allonger à un moment sur l'herbe pour écouter les oiseaux et voir le ciel se mouvoir. La deuxième est de lire un bon livre en étant assis sur un vieux fauteuil auprès d'une cheminée, donc plutôt en hiver. La troisième est d'aller à la plage.

Hier avec un copain de lycée, Guillaume, nous avons opté pour la troisième solution et donc pris la direction de Lacanau-Océan. Après deux heures de route quel bonheur de voir et d'entendre les vagues venir mourir sur la plage! Avec un soleil superbe (on approchait des 39°C), d'un peu de vent, une eau chaude (environ 20°C). Quel bonheur que de sentir le vent caresser la peau, quel bonheur de courir sur la plage pour sauter au bout dans l'eau, quel bonheur que de plonger sous les vagues ou bien de se laisser emporter jusque sur les rivages.

Je trouve la mer affreusement romantique. Mais avec Guillaume impossible de penser autrement sur le moment qu'en terme de terrain de jeu de drague et de matage. Tous les garçons qui sont passés devant nous ont eu droit à des commentaires admiratifs mais souvent plutôt graveleux, tant de sa part que de ma part.C'est étrange comme l'être humain, lorsqu'il se retrouve en meute n'est plus ce qu'il est lorsqu'il est seul. Au pire lorsque je croise un homme je le trouve beau et je lui souris, sans aucune autre arrière pensée. Là avec ce copain je n'ai fait que penser à aller beaucoup plus loin avec ces garçons. Et parce que je suis habituellement incapable de différencier un hétéro d'un gay, Guillaume m'a appris à trouver les "JTR", entendre par là " Je T'ai Reconnu". Donc après trois heures d'entrainement sur la plage en faisant parler mon instinct je dois être en théorie capable de reconnaître un gay d'un hétéro.

13.07.2008

Eucharistie

img_6242.jpg
messe tridentine à Ste Madeleine du Barroux

Une religieuse de ma paroisse est partie au congrès eucharistique de Quèbec début juin. Voulant partir avec des témoignages sur le sujet elle m'a demandé de lui écrire quelque chose. Je ne lui ai rien donné car je n'arrivais pas à  pondre quoique se soit sur le sujet. Elle a dit alors en rigolant que c'était tellement fort pour moi que c'était indescriptible. Je ne sais pas. J'ai pourtant écris quelque chose mais je ne pouvais pas le donner comme tel. Ce ne me semblait pas assez bien. Abandonnant l'idée d'écrire quelque chose sur ce sujet, j'ai glissé le papier dans l'un de mes cahiers. Je suis retombé dessus il y a quelques jours. Je trouve toujours ça aussi nul, mais à vrai dire je ne sais pas dire quelque chose de plus sur l'Eucharistie.

" Pourrais je parler de l'Eucharistie? Oui je le peux puisque on peut parler de tout. Mais est ce que ça a un sens de parler de l'Euchararistie ? Je ne crois pas. Ce qui donne sens à l'Eucharistie c'est de le vivre. Mais comment la vivre? Avec ceux d'ici. Avec ceux du Ciel. Qu'est ce qui est important pour moi dans l'Eucharistie? D'abord le bon, puis le beau, enfin la grandeur. Le bon par l'accueil que nous nous faisons mutuellement, par les sourires donnés lors de la paix du Christ. Par les discussions et les prises de nouvelles à la sortie de la messe. Le beau par le choix des chants, de la musique, des ornements, des fleurs. Le bon qui nous est donc offert mais aussi le beau que l'on veut bien offrir à Dieu en se préparant au mieux, en essayant de se faire le plus beau possible, tant physiquement que dans le coeur. Enfin par la grandeur qui là ne nous appartient plus. Nous ne pouvons pas y agir, ni interfèrer. Cette grandeur nous vient de Dieu. Nous pouvons rien faire d'autre que de la reçevoir."

Voilà le peu que j'ai pu dire. Ce que je ressens est pourtant bien plus profond que les superficialités décrites mais je n'arrive pas à les exprimer. C'est peut être mieux ainsi.

Toutes les notes