31.12.2007
Je sais je me pose trop de questions !
Comment faire pour être heureux lorsque on ne se sent pas heureux ?
J'ai tout pour être heureux: je fais les études que je veux, j'ai des amis, j'ai des parents qui sont sensés m'aimer, on ne vit pas dans le besoin, je suis même trop gâté. J'ai la chance d'avoir des parents qui s'aiment, je n'ai jamais subi une quelconque violence, je n'ai jamais manqué de rien...
Alors pourquoi suis je tout le temps triste ? Pourquoi est ce que je ressens ça comme ça ? croyez vous que ce sentiment puisse être juste une mauvaise vue de l'esprit ?
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30.12.2007
Tenir bon
"Dieu mène les âmes par deux sortes de voies. Les uns, par les lumières, par les consolations et par les sentiments de dévotion. Et cette voie est la plus dangereuse, parce qu'elle donne occasion à l'amour-propre de se repaître de ces sortes de grâces, par le goût qu'on y prend et par la bonne estime qu'on a de soi-même.
Les autres sont conduits par la raison et par la foi, aidés des secours ordinaires des grâces actuelles, mais sans consolations sensibles, sinon fort rares. Et cette voie est la plus sûre, et mène plus droit à la perfection, parce que l'on y marche plus dans la pauvreté spirituelle et dans l'humilité."
Louis Lallemant, jésuite (1588-1635)
13:21 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
29.12.2007
Malgré la nuit

Je la connais la source Qui jaillit et qui fuit, Malgré la nuit.
Cette source éternelle est cachée, Mais je sais bien, moi, où elle est cachée, Malgré la nuit.
En cette obscure nuit de la vie Je la connais, par la foi, la source qui rafraîchit Malgré la nuit.
Je ne sais pas son origine : elle n’en a point, Mais je sais que d’elle toute origine vient, Malgré la nuit
Je sais qu’il ne peut y avoir chose plus belle, Et que terre et cieux s’abreuvent en elle, Malgré la nuit
Le fond, je sais aussi qu’on ne peut le toucher, Et que nul ne peut y passer à gué, Malgré la nuit.
Sa clarté jamais n’est ternie, Et je sais que d’elle toute lumière a lui, Malgré la nuit.
Je sais que ses cours à ce point abondent Qu’ils irriguent et l’enfer et le ciel, et le monde, Malgré la nuit.
Saint Jean de la croix
17:20 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Des âmes mortes
Le vide m'attire. Inexorablement. Je sais que si je plonge dedans les souffrances ne seront plus que de quelques secondes au lieu de quelques années. Quelques secondes, les ultimes, les dernières.
Puis tout sera terminé. Tout. A jamais. Plus de souffrances, plus de mépris, plus de reproches, plus de lamentations, plus les gens que vous aimez mais qui ne vous aime pas.
Ue libération! Des chaînes qui se brisent. Un coeur transpercé à jamais qui peut enfin cicatrisé. Des larmes perdues et données pour rien qui rejoignent un océan lacrymal où règne la consolation et la damnation.
Il suffit de peu pour que tout cela devienne réalité. Comment y échapper ?
16:15 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
28.12.2007
Tenir dans le doute

Il y a quelques temps on a vu un peu partout des commentaires sur la fameuse « nuit » de Mère Teresa, nuit qui n’est pas sans rappeler l’expérience de Ste Thérèse d’Avila. Alors la question que je me suis posé, c’est est ce que l’on peut avoir une vocation religieuse, ou ne serait ce que servir Dieu, même en tant que laïc, tout en sachant que l’on ne voit rien, ne sent rien, ne comprend rien, n’entend rien ? Ne serait ce pas là une vocation très particulière ? Peut être une vocation de contemplatif ? Scruter, attendre alors qu’on sait que l’on ne sent rien, ne peut rien et continuer pourtant en posant un acte de foi, celui de prendre la ferme résolution de croire quoiqu’il arrive ?
Je me doute bien qu’à certains moments, dans les difficultés, si je continue comme ça, il sera difficile de tenir bon. Pourtant aujourd’hui je crois que je suis prêt à entrer dans cette voie, que je suis prêt à essayer de tenir. Qui plus est à quoi vais-je bien pouvoir me ressourcer ? Je vais à la messe, mais j’arrive aujourd’hui à être en retard sans que cela ne me pose de problème de conscience. Je vais me confesser pour paraître bien propre mais je ne suis pas sur de le faire avec cœur. Je prie certes… mais je ne sais pas si j’y mets du cœur. Vous me direz lit la Bible. La Bible m’ennuie prodigieusement et elle ne me touche pas !
Et puis si je veux absolument tenir dans cette voix alors que je ne ressens rien. Je pourrais me poser d’autres questions. Est-ce que Dieu existe finalement ? Ne serait ce pas une construction par rapport à un besoin humain d’avoir quelqu’un au dessus de moi ? Et puis à quoi ça sert de vouloir croire à tout prix en Dieu si l’on ne ressent rien ?
Et pourtant, je reste persuadé qu’il y a quelque chose de cet ordre là, et que même si l’Eglise Catholique est imparfaite c’est là qu’il y a quelque chose à chercher… j’en suis persuadé mais je ne serais pas encore vous dire pourquoi.

12:55 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
25.12.2007
des vertus du silence
Le prophète Isaïe dit « le silence est l’observation de la justice ».
« Or la justice dans le langage biblique consiste essentiellement à « être ajusté à Dieu », à correspondre à la volonté de Dieu qui est vie pour l’Homme, en d’autres termes à vivre en relation d’ouverture et d’accueil de Dieu, des autres et de soi-même ». « Le silence juste est aussi un silence qui espère. Il assume les difficultés qui surviennent sans chercher à se faire plaindre auprès d’une oreille complaisante et souvent à se répandre en critiques sur les autres ». Fr. Dominique Sterckx, ocd, Lille
Il s‘agit donc là d’un appel à modérer nos paroles avec discernement car la parole est précieuse dans la mesure ou elle nous permet de rencontrer l’autre.

Gröning, réalisateur du Grand silence dit avoir découvert à la Grande Chartreuse que "toute notion de péché, de culpabilité et de rachat est absente. Il n'y a que grâce, gratitude, légèreté. On en sort libéré de la peur, habité par la confiance. On n'a même plus peur de mourir". Serait ce là un des fruits du silence et de la justice ?
En attendant que de chemin à parcourir, si tenté que ce chemin soit bien pour moi...
21:30 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Joyeux Noël
Voilà il est deux heures du matin ! Le Christ est né !
Tout était paré: la table pour les invités de la famille, moi même ayant mis mon plus beau costume. La soirée terminée, j'ai amené ma grand-mère à la messe. Comme d'habitude nous y sommes allés tous les deux, seuls. La messe fût belle.

En rentrant à la maison, sur les treize bougies que j’ai mi sur les fenêtres depuis 19h une seule est restée allumée, une seule continue de veiller. Une seule a attendu que je rentre. Peut être est ce cette petite flamme de l’espérance dont Péguy parle, peut être est ce une image de cette petite espérance qui a pris vie ce soir à travers un enfant. Cet enfant tant attendu depuis un mois, n’est pas autre chose qu’une flamme d’amour, une flamme qui dès le premier souffle de vie a brûlé d’amour pour les hommes.

Tout ceci ma paraît beau, Noël est sans aucun doute la fête que je préfère avec Pâques. Non pour les cadeaux et les repas qui vont avec, mais parce que ces fêtes ont pour moi quelque chose qui n’est pas de ce monde, quelque chose qui nous vient d’ailleurs. Mais voilà, le doute subsiste. Le doute mais aussi la haine, la rancœur.
J’aurais pu communier m’étant confessé aujourd’hui. Mais non je n’ai pas voulu. Cela fait trois mois que ça dure. Trois mois que je n’ai pas communié. D’ailleurs je ne sais pas pourquoi je me suis confessé. Cela n’a plus de sens pour moi et je ne veux pas poser un acte que je sais sacré pour un chrétien ! Je voudrais communier, mais ma vie n’est en rien conforme avec ce que nous demande le Christ. Oui je sais, nul n’est parfait et peu de gens peuvent prétendre avoir une vie conforme avec la paix de l’Evangile. Oui je sais qu’il y a peut être pire que moi. Mais je n’arrive pas à voir ce qui a de bien dans ma vie. Ne serait ce que ce minimum qui pourrait me dire « oui Cyril, tu es bête, mais Dieu t’aime quand même ». Je n’arrive même plus à me dire ça.
Malgré donc cette tristesse, j’ai pu trouver un peu de joie en servant la Sainte Messe , en étant thuriféraire. Et seul les traditionnels cantiques m’ont fait retrouver le sourire.
Je vous souhaite quand même un saint et joyeux Noël. Que la paix de l’Enfant Roi soit avec vous !
02:30 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
23.12.2007
L'éternelle question
Comment croire en Dieu lorsque on vous annonce que vous avez le sida ?
Comment croire en Dieu lorsque on vous annonce que vous avez un cancer?
Comment croire en Dieu lorsque on vous annonce que votre fils s’est suicidé ?
Comment croire en Dieu lorsque vous devez aller mendier de la nourriture ?
Comment croire en Dieu lorsque on vous méprise ?
Comment croire en Dieu lorsque on se méprise ?
Comment croire en Dieu lorsque on vous apprend à vous mépriser ?
Comment croire en Dieu lorsque on a été violé ?
Comment croire en Dieu lorsque personne ne vous montre d’affection ?
Comment croire en Dieu lorsque vous êtes victime de l’idiotie humaine ?
Comment croire en Dieu lorsque vous êtes victimes de la folie humaine ?
Comment croire en Dieu lorsque personne ne vous dit « je t’aime » et ne vous le montre pas ?
Comment croire en Dieu lorsque les personnes que vous aimez ne sont plus là pour vous consoler ?
Comment croire en Dieu lorsque tout le monde se fourvoie dans le matérialisme sans faire attention au petit qui est couché par terre dans la rue ?
Comment ? Comment ? ……
15:35 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
20.12.2007
Julien Green

« Depuis l’âge de quinze ans, lorsque j’étais devenu catholique, j’étais passé par toutes les phases du zèle et de la tiédeur familière à tant de chrétiens, seule l’indifférence m’était inconnue. Des périodes où quotidiennement j’allais à la messe alternaient avec de plus longues périodes où je cessais tout à fait, cela à cause d’un sentiment aigu de la contradiction foncière entre ce que je croyais et ma façon de vivre ; mais en dépit de ces fluctuations, ma confiance en l’Eglise restait entière, comme elle l’avait toujours été. Quelque fois étant entré dans une église, j’en ressortais presque aussitôt en pensant « c’est de l’hypocrisie », à la réflexion, cette attitude montrait plus d’orgueil que d’humilité, car qui remplirait les églises, si ce ne sont les pécheurs ».
Julien Green, Souvenirs des jours heureux, Paris, Flammarion, 2007
C’est la quatrième œuvre de Green que je lis. Je suis à chaque fois surpris car jusqu’à présent c’est le seul auteur, peut être avec quelques poèmes de Baudelaire, qui décrit des sentiments qui m’habitent. Mais là, hier soir, en lisant ce passage, j’ai été époustouflé. Il met des mots là ou moi je n’arrive à mettre que de vagues idées. Le morceau ci-dessus traduit exactement, je dirais même au mot près, ce que je vis, ce que je ressens. Qui plus est une longue discussion avec un ami ce soir sur Green m’a fait découvrir que j’avais certains travers de l’écrivain… notamment celui du désir d’un amour idéal platonique, chose folle et qui est impossible car un amour doit pouvoir s’exprimer par des gestes, par le corps.
J’ai découvert la littérature en arrivant à Bordeaux pour ma première année universitaire. J’ai découvert un monde formidable, un monde que personne ne m’avait invité à découvrir jusque là, si ce n’est mon professeur de lettres en Terminal. Et plus le temps passe et plus je me délecte… Green, Max Jacob, Vladimir Volkoff, Massillon, … et j'espère en découvrir d'autres... on m'a parlé de scarron, de Dumas, de Psichari, approfondir Balzac et Bernanos, ou encore Péguy... quel programme !
00:20 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
19.12.2007
comment l'Eglise perçoit elle la chair ?
Souvent j’ai entendu des gens dirent que les chrétiens, et l’Eglise catholique en particulier méprisaient le corps ! Mais impossible de retrouver ces arguments que j’avais pu entendre !! J’aimerais y voir de plus près tout de même. J’aimerais voir qu’elle est la part de vérité dans cette idée car comme on dit communément il n’y a pas de fumée sans feu.


Donc ni le Christ, ni le témoignage des martyrs, ni la création nous invitent à mépriser notre corps. St Paul lui-même nous dit que chacun d’entre nous fait partie du corps du Christ. Cette image est certes symbolique mais ne pourrions nous pas la voir de manière aussi plus réaliste ? Chacun de nous, en tant qu’être crée par Dieu est un bout de Dieu. Cela ne peut être qu’une invitation une nouvelle fois à respecter le corps. Qui plus est les pères de l’Eglise se sont violemment opposés aux manichéens. Certes ces pères combattaient l’idée qu’il y a deux dieux qui dirige le monde, un bon et un mauvais, mais peut être aussi l’idée que seul l’esprit est bon et que la chair est impure. Cette idée vient des platoniciens et des néoplatoniciens. Or à ma connaissance, l’Eglise catholique ne se base pas sur cette philosophie. Encore une fois au Moyen Age, l’Eglise combat les cathares qui reprennent en grande partie les idées manichéennes. Et c’est oublier aussi touts les ordres hospitaliers, les religieux(ses) qui depuis l’Antiquité prennent soins des malades dans les hôpitaux. Si les corps étaient méprisables s’en seraient ils donnés la peine ? Dans ce cas je ne vois pas trop comment l’Eglise inviterait les hommes à mépriser la chair. Bien au contraire je crois qu’elle invite à la respecter et ne pas en faire n’importe quoi.
NB : je suppose que je ne suis pas assez précis et qu’on peut aller plus loin dans les arguments. Donc toute remarque, toute contestation est évidemment la bienvenue !!
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