26.07.2008
La vanité au service de la Vérité
"On aime le devoir et l'équité , lorsqu'il est utile ou glorieux de se déclarer pour eux; qu'on peut compter sur les suffrages publics, que notre fermeté va nous donner en spectacle au monde, et que nous devenons plus grands aux yeux des hommes par la défense héroïque de la vérité, que nous ne l'aurions été par la dissimulation et la souplesse. Nous cherchons la gloire et les applaudissements dans le devoir, et presque toujours c'est la vanité qui donne des défenseurs à la vérité."
Petit carême, sermon du Vendredi Saint. Pensées sur différents sujets de morale et de pieté, tirées des ouvrages de feu M. Massillon, Evêque de Clermont, ci-devant prêtre de l'Oratoire, l'un des Quarante de l'Académie française
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24.07.2008
Honnêteté, loyauté, respect.
- Parlons concrètement: l'honnêteté absolue est-elle compatible avec le principe de loyauté et de respect ?
Toutes les vertus ont un repère commun grâce auquel on mesure s'il s'agit bien de vertus: l'amour. La justice sans amour est impitoyable. L'intelligence sans amour risque de tourner en machination ou en diplomatie mal orientée. La bravoure sans amour, en opportunisme. C'est aussi valable pour les valeurs. Des valeurs sans amour, on peut en trouver à la banque: ce sont les valeurs mobilières. Le repère pour toutes les valeurs et pour toutes les vertus est universel, et consiste à déterminer si elles sont façonnées par l'amour. Je préfère parler de vertus que des valeurs parce que le terme "valeur" est un concept économique. C'est une analogie matérielle. Les vertus sont des dispositions à l'action, mais on ne pose pas tant la question de leur valeur, on évalue plutôt leur aptitude à préserver la vie. C'est pour cela que je parle plus volontier de vertus que de valeurs. C'est aussi valable pour les exemples que vous avez cités: l'honnêteté, la sincérité et... quels étaient leurs pendants ?
- Loyauté et respect.
Le respect. Là c'est l'amour qui crée l'équilibre. Une honnêteté, une sincérité qui balance à l'autre sa vérité dans la figure ou qui l'assome avec, c'est inadmissible. Seul l'amour peut réellement faire de la sincérité une vertu. Si je dis à un malade: "votre maladie est létale, il vous reste trois jours à vivre", si je le lui annonce avec ce genre de froideur médicale, je ne lui parle pas avec le coeur. Je dois prendre en considération sa situation pour voir ce qu'il est capable de comprendre. Je dois le soutenir pour pouvoir le lui dire. Cela vaut aussi pour la loyauté. Le respect ne doit pas prendre trop d'ampleur au point de tendre vers la lâcheté ou l'hypocrisie, la mauvaise foi. L'amour peut apporter beaucoup de force à l'autre parce que les choses se passent dans un climat d'amour. Et l'amour saura trouver la mesure de ce que l'autre supporte et pourra supporter.
Cardinal Christoph Schönborn, Qui a besoin de Dieu?, entretiens avec Barbara Stöckl, Editions Parole et Silence
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22.07.2008
apprendre la liberté
" C'est à ce moment-là que son père décida d'une explication entre eux. Veuf depuis onze ans maintenant, il allait se remarier, mais voulait liquider toute responsabilité qu'il pouvait avoir de son fils. Il laissait à Vivien les biens qui venaient de sa mère, notamment l'appartement. Ce serait dorénavant au garçon de se prendre en main. L'expression fit intérieurement sursauter Vivien. Tout ce qui lui semblait naturel jusqu'ici devenait un fardeau; l'appartement, s'il en profitait seul, lui paraissait un vaste paradis; l'avoir à lui serait bien vite un cauchemar. Il n'avait aucun sens des réalités. Etre chez lui ne signifiait rien pour lui. Certes, il se voulait indépendant, mais sans aucune charge. Il n'avait pas le sentiment de la possession, même dans ses élans physiques où, une fois le délire passé, il lui fallait sa liberté. Il ne supportait même pas uen main légère sur sa poitrine, c'était comme si on l'empêchait de respirer."
"Maxime fut intraitable. Pour lui, les séjours dans les Caraïbes et à New York ne cachaient que des faiblesses, celles de l'âme, pires que celles, au demeurant naturelles, du corps. Le temps passait, et Vivien le perdait à des riens; même ses nuits de volupté répétaient les mêmes turpitudes, sans rien qui pût leur faire franchir le cercle de l'ennui."
" Tu vas apprendre beaucoup de choses quand tu sortiras de ton moi encombrant. Hélas pour toi, tu vas rester longtemps un garçon insupportable, tu feras toutes les sottises qu'il faut et celles qui ne faut pas, mais tu ne seras pas criminel, ni rien de ce genre. Ne pavoise pas tu le seras en idée. C'est presque pire: une façon de se libérer de ceux que l'on n'aime pas."
Julien Green, L'inconnu
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20.07.2008
La maison
Depuis plusieurs semaines je fais régulièrment un cauchemar qui me réveille. C'est étrange parce que au début c'était comme une vraie histoire qui se déroulait et continuer même lors des nuits différentes. Mais là les choses semblaient comme figer.
De ce que je me souviens tout à commencer lorsque j'étais chez des gens, apparement les parents d'une amie. En rangeant le jardin, j'observe de l'autre côté de la grille une très belle maison bourgeoise du XIXe siècle qui a des allures de château tellement cela semble grand. Le jardin n'est pas entretenu, il y a de grandes herbes, des arbres abîmés, la grille est rouillée mais il semble qu'il y ait des caméras aux quatres coins de la maison et devant la grille d'entrée. Je demande à mes amis qui habitent là. Ils ne savent pas qui est le propriétaire mais ils ont entendu dire que l'on cherchait un gardien pour les journées dans cette maison. Vu que cet été je ne fais pas grand chose je vais me présenter à cette maison. Je rencontre alors des domestiques qui s'affairent mais qui semblent étranges. Un gardien avec un chien mais qui a un regard perdu dans le vague et qui passe sa vie à faire le tour de la maison. Une bonne qui passe le balai. Les seuls personnes ? Celles dont je me rappelle oui mais je garde l'impression d'un monde qui grouille. L'impression d'une armée de domestique invisible qui s'active. Des ombres qui passent au fond des pièces. Je rencontre ce qui semble être le responsable. Il me dit en effet que l'on cherche bien quelqu'un ici pour garder la maison la journée. Mais pourquoi donc embaucher un gardien de jour alors qu'il y a tant de monde.
Il m'explique en quoi consistera mon travail. Rester dans une grande pièce qu'il me montre. Une espèce de salle-à-manger sans fenêtre (ça ressemble étrangement aux pièces qui sont dans huis clos de Sartre) avec une grande table et deux chaises. Le tout dans une décoration très feutrée, très bourgeoise. Il me montre les pièces où je dois aller faire un tour de temps en temps, une suite de salons, un bureau ou bibliothèque, la cuisine. En bref le Rez-de-chaussé. Mais interdiction de monter à l'étage et dans les pièces qui entourent la salle à manger. Pour aller dans les salons il faut reprendre le couloir. Et le soir venu, il me suffit de fermer les volets des salons, de la galerie et la grande porte d'entrée. Mais je dois laisser la petite porte d'entrée du couloir qui donne sur un des côtés de la maison ouvert. Le tout n'est éclairé que par une ribambelle de bougies. Je me demande comment, moi qui suis courageux, j'ai bien pu accepter de rester dans une ambiance si glauque. Ah oui j'oubliais c'est un rêve....
A partir de là les choses ne bougent presque plus. Elles sont un éternel recommancement. Je viens, je reste dans la salle-à-manger, je fais parfois un tour dans les salons, je ferme scrupuleusement les volets. Je sens une présence dans la maison. Je suis terrifié mais je continue mon travail consciensieusment. Au bout de quelques jours je ne vais plus travailler mais je reviens quand même le soir pour fermer les volets. Hier soir un détail c'est ajouté à mon observation. Il y a une cour intérieur qui est recouverte par une verrière. Il y a là aussi des volets que je ne dois pas oublier de fermer. Même la cour intérieur est cloisonnée. Il n'y a pas de porte pour y accéder, c'est comme une cour de prison. Mais pourquoi ce détail c'est il ajouté ? Parce que dans mon rêve je me suis senti mal à un moment, l'impression d'avoir failli dans mon travail, l'impression d'avoir oublier quelque chose. J'ai oublié de fermer les volets qui donnent sur la cour intérieur. Effrayé à l'idée d'avoir oublié ça, je demande à mon père de m'accompagner jusqu'à la porte d'entrée de la maison. Mon père tarde à venir. Et je me souviens qu'on m'a bien dit qu'il fallait que j'amène personne d'autre que moi même.
Et là je passe de l'atmosphère d'angoisse à l'angoisse même. Je me fais gronder par une voix parce que j'ai oublié ses volets. Un visage m'apparaît. Celui du propriètaire peut être, je n'en sais rien. Pour donner une idée la tête de ce monsieur ressemble à un Michel Simon dans La beauté du diable avec l'agressivité et la dureté de visage de l'homme en noir qui apprait à Jeanne d'Arc dans le film de Luc Besson. A partir de là je ne sai splus ce qui se passe car tout est confus, il y a du mouvement, de la violence mais je ne sais pas quoi. J'arrive à sortir de la maison et j'entends des rires affreux à l'intérieur de la bâtisse.
J'écris ceci en espèrant que ce mauvais rêve ne revienne pas et qu'il ne me fasse faire des crises d'angoisse à trois heures du matin.
13:35 Publié dans Moi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.07.2008
La plage
Dans la vie j'ai trois manières qui me plaisent particulièrment pour occuper mon oisiveté. Le première est une bonne balade en campagne et m'allonger à un moment sur l'herbe pour écouter les oiseaux et voir le ciel se mouvoir. La deuxième est de lire un bon livre en étant assis sur un vieux fauteuil auprès d'une cheminée, donc plutôt en hiver. La troisième est d'aller à la plage.
Hier avec un copain de lycée, Guillaume, nous avons opté pour la troisième solution et donc pris la direction de Lacanau-Océan. Après deux heures de route quel bonheur de voir et d'entendre les vagues venir mourir sur la plage! Avec un soleil superbe (on approchait des 39°C), d'un peu de vent, une eau chaude (environ 20°C). Quel bonheur que de sentir le vent caresser la peau, quel bonheur de courir sur la plage pour sauter au bout dans l'eau, quel bonheur que de plonger sous les vagues ou bien de se laisser emporter jusque sur les rivages.
Je trouve la mer affreusement romantique. Mais avec Guillaume impossible de penser autrement sur le moment qu'en terme de terrain de jeu de drague et de matage. Tous les garçons qui sont passés devant nous ont eu droit à des commentaires admiratifs mais souvent plutôt graveleux, tant de sa part que de ma part.C'est étrange comme l'être humain, lorsqu'il se retrouve en meute n'est plus ce qu'il est lorsqu'il est seul. Au pire lorsque je croise un homme je le trouve beau et je lui souris, sans aucune autre arrière pensée. Là avec ce copain je n'ai fait que penser à aller beaucoup plus loin avec ces garçons. Et parce que je suis habituellement incapable de différencier un hétéro d'un gay, Guillaume m'a appris à trouver les "JTR", entendre par là " Je T'ai Reconnu". Donc après trois heures d'entrainement sur la plage en faisant parler mon instinct je dois être en théorie capable de reconnaître un gay d'un hétéro.
10:48 Publié dans question existentielle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






